Sylvia Greif développe une photographie instinctive, sincère et profondément humaine. Elle ne cherche pas à mettre en scène le monde, mais à en saisir la vérité dans ce qu’elle a de plus fragile et de plus juste.
Le regard de Sylvia s’est construit au fil des voyages, presque naturellement, à partir de scènes saisies sur le vif. Elle travaille avec son iPhone, toujours avec cette même volonté : capter l’instant sans le brusquer, laisser exister les êtres et les lieux dans leur présence la plus authentique.
En 2012, lorsqu’une amie découvre un dossier classifié concernant sa mère, Sylvia Greif entame une enquête sur son histoire familiale qui va la mener bien au-delà de tout ce qu’elle aurait pu imaginer.
Ce qui commence par un simple document ouvre peu à peu les portes d’un monde caché, traversant les pays et les décennies, à la croisée des réseaux de renseignement, du pouvoir politique et de certains événements historiques, avec des ramifications liées notamment à des coups d’État et à des opérations clandestines en Amérique latine et au-delà.
Au fil de ses recherches dans les archives, les collections privées, les lieux oubliés et ceux liés aux personnes et aux événements qu’elle découvre, Sylvia commence à photographier ce qu’elle rencontre sur son chemin munie de son I-Phone.
Ces photographies ont été prises au cours de cette enquête et pendant le tournage du documentaire qui en est né. Elles ne constituent pas simplement une trace des lieux qu’elle a traversés, mais offrent des fragments de ce qui se cachait derrière l’histoire : des espaces, des objets, des paysages et des détails rencontrés au fil d’une recherche familiale qui semblait prendre une nouvelle dimension à chaque découverte.
Ensemble, ces images forment le journal visuel d’un voyage à la croisée de la mémoire personnelle, de l’histoire cachée et du monde du renseignement — un voyage qui se poursuit encore aujourd’hui.
De cette émotion est née une première série, I Walk Alone, suivie d’autres déclinaisons au gré de ses déplacements, comme I Walk With You, I Walk Dubai ou I Walk Paris. Sa démarche est simple en apparence, mais exigeante : une image par lieu, un regard, une sensation. Si la photographie est juste, elle reste. Sinon, elle disparaît.
Cette sobriété dans le geste révèle une artiste qui préfère l’intensité à l’accumulation. Chez Sylvia, la photographie n’est pas seulement une pratique visuelle : c’est une façon de traverser le monde, de s’y relier et parfois aussi de s’en échapper.
Créer une image lui permet d’ouvrir une parenthèse, de transformer ce qu’elle ressent en émotion partagée, de montrer aux autres ce qu’elle seule a vu dans la fugacité d’un instant.